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Santé

Périostite, aponévrosite, syndrome de l’essuie-glace : les prévenir avant de les soigner

Trois blessures représentent à elles seules la majorité des arrêts chez les coureurs amateurs. Elles ont des causes différentes, mais un point commun : elles préviennent avant de s'installer.

Dr. Antoine Vidal8 min de lecture
Coureur au départ sur une piste d’athlétisme
Coureur au départ sur une piste d’athlétisme

Entre 30 et 50 % des coureurs réguliers se blessent au moins une fois par an. Dans la quasi-totalité des cas, il ne s'agit pas d'un accident mais d'une accumulation : une charge d'entraînement qui dépasse, semaine après semaine, la capacité d'adaptation des tissus.

Cet article ne remplace pas un avis médical. Il décrit les trois motifs de consultation les plus fréquents et ce que la littérature retient de leur prévention.

La périostite tibiale

Une douleur diffuse le long du bord interne du tibia, présente au début de la course, qui s'atténue parfois à l'échauffement puis revient après. Elle touche massivement les débutants et les coureurs qui viennent d'augmenter leur volume.

La cause est presque toujours mécanique : trop de kilomètres trop vite, sur un revêtement dur, avec une foulée qui attaque loin devant le corps. La prévention passe par une progression lente, une cadence de foulée plus élevée — viser 170 à 180 pas par minute réduit l'impact à chaque appui — et un renforcement des mollets.

L'aponévrosite plantaire

Reconnaissable entre toutes : une douleur vive sous le talon aux premiers pas du matin, qui s'estompe en marchant puis revient après une longue station debout. Elle correspond à une irritation de l'aponévrose, la lame fibreuse qui soutient la voûte plantaire.

Les facteurs de risque documentés sont un mollet raide, une prise de poids récente, une augmentation brutale du volume et, parfois, des chaussures totalement usées. Le travail d'assouplissement du mollet et le renforcement excentrique du pied constituent la prévention la mieux étayée.

Le syndrome de l'essuie-glace

Une douleur nette sur la face externe du genou, qui apparaît toujours au même moment — souvent après le même nombre de minutes de course — et qui oblige à s'arrêter. Elle vient du frottement de la bandelette ilio-tibiale sur le condyle externe du fémur.

C'est la blessure typique du coureur qui augmente ses sorties longues, court beaucoup en descente ou toujours du même côté d'une route bombée. Le renforcement des muscles fessiers, en particulier le moyen fessier, est la mesure préventive la plus constamment retrouvée dans les études.

Les trois habitudes qui protègent le plus

  • Progresser lentement : pas plus de 10 % de volume supplémentaire par semaine, avec une semaine allégée toutes les trois à quatre semaines.
  • Renforcer deux fois par semaine : mollets, fessiers, gainage. Vingt minutes suffisent et pèsent plus lourd que n'importe quel équipement.
  • Dormir : la réparation tissulaire se fait pendant le sommeil. Un déficit chronique de sommeil est associé à un risque de blessure nettement supérieur chez le sportif.

Quand consulter

Toute douleur qui persiste plus de sept à dix jours malgré une réduction de la charge, qui vous fait boiter, ou qui s'accompagne d'un gonflement, justifie l'avis d'un médecin du sport ou d'un kinésithérapeute. Plus la prise en charge est précoce, plus l'arrêt est court.

Article rédigé par Dr. Antoine Vidal, publié le 6 janvier 2026. Les informations données ici sont générales et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.